Justice des mineurs : jeunesse sacrifiée, société en danger

6122008

 

On ne peut qu’être inquiet sur les projets de réforme de l’ordonnance de 1945 relative à la justice des mineurs tels que le propose la Commission Varinard et soutenus par la Ministre de la Justice Rachida Dati. 

Avec la suppression du primat de l’éducatif sur le répressif ou la proposition d’abaisser la responsabilité pénale de 13 à 12 ans, avec les provocations du porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, sur la détection précoce des comportements, avec la restriction des missions des éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse à la seule mise en œuvre des mesures pénales, avec des descentes de gendarmerie dans les collèges du Gers, il se profile une société du tout répressif où la peur et la stigmatisation deviennent la règle au mépris du pacte républicain qui fonde la cohésion sociale de notre pays, au mépris d’une jeunesse que l’on sacrifie sur l’autel de la démagogie sécuritaire. 

Selon la Ministre de la Justice, la délinquance des mineurs ne cesserait d’augmenter et l’âge des délinquants ne cesserait de s’abaisser alors que le sociologue Laurent Mucchielli nous livre un tout autre diagnostic issu des chiffres de police et de gendarmerie en montrant que la part des mineurs est passée de 22 % en 1998 à 18 % en 2007. Contre-vérités, désinformation tentent aujourd’hui de justifier une politique qui occulte les vraies questions. 

A mes yeux, des mineurs délinquants ce sont des mineurs en danger que la société a le devoir de récupérer par des mesures d’accompagnement appropriées, par une politique renforcée de protection de l’enfance, par une coordination étroite des services publics (enseignants, assistantes sociales, éducateurs, police, justice, professionnels de santé…) autour de la famille. Or les professionnels de la protection de l’enfance n’ont plus les moyens aujourd’hui de faire de la prévention. 

 La doctrine de la tolérance zéro et du tout répressif conduit à baisser les bras et à accepter l’exclusion durable d’une partie de la jeunesse, ignorant les leçons des flambées de violence qui ont frappé nos banlieues il y a quelques années. Nous rentrons ainsi dans une spirale dangereuse où la cohésion sociale ne cesse de se lézarder. Il est temps de voir l’humanisme, la générosité, la solidarité reprendre du sens dans notre société. 

Eric DELHAYE 

Membre du bureau national exécutif 

Vice-Président du MODEM de l’Aisne 




Menaces sur la liberté d’opinion et d’information

17112008

L’Assemblée Nationale a décidé d’imposer un régime de rigueur aux autorités administratives indépendantes en maintenant au niveau de 2008 les dépenses de fonctionnement de 2009. Une économie de près d’1,7 millions d’euros est ainsi réalisée sur les dotations de la CNIL, de la HALDE, de la commission des comptes de campagne et des financements politiques ou encore de l’Autorité de la Concurrence. 

Ces autorités sont ainsi invitées à un fonctionnement « plus modeste » ou faudrait-il dire « moins dérangeant » ! 

Cette décision justifiée par la rigueur budgétaire participe d’un ensemble de mesures qui contribuent au final à réduire le champ des libertés individuelles (fichiers de renseignements, loi Hadopi, extension du secret défense, suppression de la publicité pour France Televisions, nomination du PDG par l'exécutif ….) 

Elle est à mettre en perspective avec les 220 000 euros que les Ministères de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur entendent consacrer sur la veille de l’opinion sur le réseau web. Les signaux que l’Etat envoie sont particulièrement défavorables à la vitalité démocratique de notre pays. 

 




Une offensive sans précédent des anti-éoliens

16112008

Je ne sais pas si vous avez remarqué l'offensive médiatique sans précédent lancée par Anne Lauvergeon présidente d'Areva pour nous faire avaler des couleuvres. A l'écouter la seule énergie verte, renouvelable et bon marché pour aller vers une économie décarbonée serait le nucléaire !

Et évidemment l'éolien ne sert à rien et les subventions publiques en sa faveur feraient mieux d'être utilisées autrement.

Les anti-éoliens peuvent être satisfaits. Anne Lauvergeon est un de leurs meilleurs porte-drapeaux et vient d'être rejointe en cela par un ancien président de la République, Valéry Giscard D'estaing qui dans un débat édifiant organisé le 12 novembre dernier par l'Institut Montaigne a regretté la défiguration d'un paysage exceptionnel et fragile par les éoliennes, a dénonçé un puissant lobby qui impose un régime d'aides financières abusif et  a promis un avenir politique difficile aux élus locaux faisant la promotion des éoliennes sur le territoire.

Selon l'ancien président, pour lutter contre le changement climatique, l'UE devrait fixer des objectifs en termes d'énergies non émettrices de CO2 - ce qui inclut de fait le nucléaire qui représente environ 80% de l'électricité française - et non en termes d'énergie renouvelable.

VGE attaque sur différents fronts, réclame l'organisation de référendum “non pas dans la commune mais dans l'espace où l'éolien apporte une perturbation”, avant de se lancer dans un vibrant plaidoyer pour l'énergie solaire.

Heureusement, Corinne Lepage était là pour faire entendre une musique différente dans ce débat, dénonçant “un mauvais procès” fait à l'éolien et regrettant que “toutes les questions posées” sur cette filière ne le soient pas pour les autres types d'énergie, “en particulier le nucléaire”.

Remettons par ailleurs les pendules à l'heure sur la question des coûts : à l’heure où la Commission de Régulation de l’Energie se prépare à rendre son avis sur le nouveau projet d’arrêté tarifaire éolien, l’étude sur les coûts de référence* de la production électrique, publiée le 30 octobre par le Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, montre que le tarif éolien couvre à peine les coûts d’investissement et d’exploitation d’une installation.

En effet, cette étude évalue le coût de l’électricité d’origine éolienne en 2012 à 79,4 €/MWh, pour un site avec une durée annuelle de fonctionnement de 2200 heures (moyenne française). A cette date, le tarif éolien, qui s’élève aujourd’hui à 84 €/MWh, sera de l’ordre de 77 €/MWh compte tenu de la dégressivité annuelle du tarif d’achat de 2%.

Une énergie dont la compétitivité devient incontestable

L’étude publiée par le Ministère confirme que le coût de production de l’électricité éolienne est déjà inférieur au prix actuel de l’électricité sur le marché. Ainsi, au cours du mois d’octobre, le prix moyen de l’électricité sur le marché Powernext se situait au-dessus de 90 €/MWh pour un tarif éolien moyen de 84 €/MWh.

Pendant cette période, l’éolien a donc représenté pour le consommateur un bénéfice de 6 € pour chaque MWh produit, soit, pour l’ensemble des consommateurs, une économie de plus de trois millions d’euros pour le mois d’octobre 2008.

Ce constat met en évidence que l’éolien est d’ores et déjà compétitif. Indépendante des prix des combustibles fossiles, avec un tarif fixé pour 15 ans, l’énergie éolienne garantit une grande stabilité des prix.

*Il s’agit du coût moyen vu par l’Etat d’un mode de production d’électricité

Retrouvez l'intégralité des interventions du débat de l'Institut Montaigne